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Antoine-Hippolyte Bonafous (1804-1873)

Antoine-Hippolyte (son acte de décès portera les prénoms d’André-Hippolyte) Bonafous naît à Albi le 27 vendémiaire XIII (19 octobre 1804). Il est le fils d’Alexandre Bonafous, teinturier alors âgé de 41 ans, et de Marie-Hippolyte Teisset. Il passe son baccalauréat puis sa licence ès-lettres. Avant même d’être ordonné prêtre il commence une longue carrière d’enseignant (un de ses jeunes frères, Norbert, né en 1809, sera lui aussi professeur et enseignera un jour la littérature ancienne à la faculté des Lettres d’Aix) puisqu’il est dès le 16 mai 1824 régent au collège d’Albi en cinquième puis en seconde, avant d’occuper la chaire de rhétorique à partir de 1826. L’abbé Bonafous est nommé principal successivement du collège de Gaillac le 5 janvier 1835, de Pamiers le 28 octobre 1841 et d’Aix en août 1844. Il rétablit dans ce dernier établissement la discipline qui y était jusque-là malmenée et double le nombre des pensionnaires. Le vote de la Loi Falloux va lui ouvrir de nouvelles perspectives puisqu’après avoir représenté 27,5% de leurs effectifs et avoir été ensuite partiellement écartés par la monarchie de Juillet, les prêtres pouvaient de nouveau concourir aux postes de recteur. L’abbé Bonafous fera partie des neufs nouveaux ecclésiastiques auxquels on offrira cette fonction et fut promu recteur de l’Académie du Var le 10 août 1850. C’est à ce moment que Mgr Wicart le distingua du titre de chanoine honoraire de Fréjus, en 1851. L’année suivante (29 juillet 1852), il quittait la région pour retrouver la sienne en devenant recteur de l’Académie du Tarn. La loi du 14 juin 1854 réorganise la carte des académies qui sont regroupées et ne correspondent plus aux départements. Ainsi, le 23 août 1854, le chanoine Bonafous devient simple inspecteur d’Académie du Vaucluse, ce qu’il dénoncera comme une injustice par une lettre au ministre en date du 26 septembre de la même année : « par l’effet de la loi de 1854, j’ai reculé au lieu d’avancer », plusieurs notables politiques et religieux l’assurent alors de leur soutien. Les rapports à son sujet font état des meilleures relations qu’il entretient avec l’archevêque et de l’estime que lui voue le préfet, occasion de souligner que la qualité d’ecclésiastique permet d’opérer plus facilement le trait d’union entre le clergé et l’Université. Le chanoine Bonafous semble jouer avec beaucoup d’habileté (« Il a beaucoup d’esprit. Il sait répandre une grâce particulière dans sa conversation et donner de l’intérêt aux moindres choses », dit un rapport de 1864) entre ces deux mondes qui entreront bientôt en conflit. Il sait donner des gages et apparaît comme « un des ecclésiastiques les plus universitaires que nous ayons rencontrés », l’autorité académique salue même « la franchise extérieure de sa culture un peu voltairienne » ! Mais il reste d’abord prêtre, ce qui conduit à déplorer qu’«on n’est pas bien sûr qu’il fasse beaucoup d’efforts pour défendre dans son ressort les intérêts de l’Université. Les établissements congréganistes fleurissent dans le département du Vaucluse plus que partout ailleurs. M Bonafous est trop habile pour se montrer »… Alors viennent les critiques : « Il lui manque deux qualités essentielles : l’impartialité et l’activité physique », on croit rêver. « Malgré son embonpoint et l’attaque de paralysie qui lui fait traîner un peu la jambe, il est encore plein de vigueur et de d’activité. » Finalement, à près de 62 ans, il fait valoir ses droits à une pension de retraite qui lui est accordée le 29 août 1866. L’inspecteur honoraire de l’Université qui est aussi chanoine honoraire des diocèses de Pamiers, Aix, Fréjus, Avignon et Albi se retire parmi les siens, à Gaillac où il meurt, place d’Hautpoul, le 27 septembre 1873. Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur le 8 septembre 1860.