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La reconstruction

Les évêques de Fréjus, s’ils ont existé durant cette période, l’ont donc été de façon purement fictive puisqu’empêchés de résider dans leur cité dont il ne restait que peu de choses. Ainsi en fut-il du premier qui nous permet de renouer la liste interrompue des pasteurs et c’est donc à Arles qu’il faut aller le chercher :

 

  • Gontar (cité de 949 à 952)

    Ce membre d’une riche famille arlésienne avait pour sœur une matrone nommé Teucinde qui fut la bienfaitrice de la métropole Saint-Trophime et de Montmajour. C’est à travers les actes nombreux de ses donations que nous sommes éclairés sur la personne de Gontar et de son successeur, leur neveu Riculphe.
    Gontar fut d’abord prévôt de l’Eglise d’Arles. Le 7 octobre 949 il cosigne l’échange par lequel Teucinde obtient de l’archevêque et de son chapitre l’île Saint-Pierre de Montmajour où elle désirait établir des moines bénédictins, or il y est désigné curieusement par le double titre d’évêque et de prévôt. Comme d’autres prévôts d’Arles de cette époque, il porte le titre épiscopal d’un diocèse ravagé et abandonné qu’on ne sait même pas s’il honora un jour de sa présence, celui de Fréjus.
    D’autres documents le signalent encore jusqu’en 952 avec la même titulature. Si nous ne savons pas à quelle date prit fin son épiscopat, il est hautement probable qu’à sa mort, son neveu lui succéda directement.

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  • Riculphe (au plus tard 973- 1er mars 998 ?)


    Riculphe a honoré le siège de Fréjus et mérite de figurer aux côtés de saint Léonce ou de Jacques Duèze comme un des noms qui l’a le plus illustré. Il en a été le reconstructeur.
    Il est originaire d’Arles, comme son oncle et prédécesseur, Gontar.
    Très tôt il se consacre au service du Seigneur dans l’Eglise d’Arles dont il devient diacre, puisque c’est à ce titre qu’il paraît en 949 dans l’acte par lequel sa tante Teucinde acquiert l’île de Montmajour pour la communauté monastique qui s’y implante.
    Dix ans après, en décembre 959, les actes le mentionnent toujours comme diacre. Rien ne fonde l’hypothèse de certains historiens qui ont voulu en faire un moine de Montmajour.
    C’est à partir de 973 que les documents conservés lui attribuent le titre d’évêque sans qu’on sache la date exacte de son élection. Mais il est à noter que cette année est précisément celle de la prise du Fraxinet et de la fin de la domination des Sarrasins sur la Provence.
    La plupart des actes où on le rencontre concernent l’Eglise d’Arles, qui a l’avantage sur celle de Fréjus d’avoir gardé une bonne quantité de ses archives : parmi ceux-ci, le 19 juillet 973, le nouvel évêque figure en tant qu’héritier aux côtés de sa tante Teucinde dans les donations qu’elle octroie à l’abbaye de Montmajour.
    A Fréjus ou dans ce qu’il en reste, l’heure est à la reconstruction :
    Baptistère de Frejus- des bâtiments puisque tout jusqu’à la cathédrale a été abattu : il la reconstruira vers 980, la consacrera à Notre-Dame et le baptistère à saint Jean-Baptiste, relèvera les ruines de la ville et la ceindra de fortes murailles encore visibles aujourd’hui,
    - de la population décimée ou contrainte à la fuite, qu’il faut faire revenir et secourir,
    Murailles de la ville de Frejus- jusqu’aux moyens pour mener à bien cette œuvre : c’est pourquoi il intercèdera auprès du comte de Provence, Guillaume Ier, dans une entrevue qu’il obtint de lui à Manosque pour retrouver un certain patrimoine et le garantir avec de nouveaux titres.
    Le 6 mars 990 le comte, dans un acte signé à Arles, accorde à l’évêque la moitié du port de Fréjus et la moitié des terres qui entourent la cité, de l’Argens à la Siagne, de la mer à la montagne de Mercure.
    Riculfus abbé de MontmajourLes moines de Montmajour l’élurent quelques années plus tard pour leur abbé, ce à quoi il ne voulut pas consentir sans l’approbation du pape ; un coup de main de l’un des moines pour s’emparer de l’abbaye l’autorisera à gouverner à la fois son diocèse et l’abbaye arlésienne.
    Il mourut un 1er mars à la fin du siècle ; l’historien Jean-Pierre Poly fixe son décès à l’année 998. Quoi qu’il en soit, Montmajour a déjà un autre abbé le 5 février 1000.

  • Gaucelme ( ca 1010 - décembre 1044)


    Une bulle du Pape Serge IV (1009-1012) le mentionne déjà. Il apparaît au cours des années suivantes dans six chartes du cartulaire du monastère de Lérins auquel il donne les églises de Callian et dans cinq du cartulaire de Saint-Victor de Marseille.
    Il est encore présent le 15 octobre 1040 à la consécration de l’église abbatiale de Saint-Victor de Marseille par le pape Benoît IX. Le 4 septembre 1042 il appose sa signature au concile de Saint-Gilles. Le dernier acte qui le mentionne est le don de l’église Sainte-Marie de la Napoule à Saint-Victor, le 1er décembre 1044, pour lequel sa présence est attestée à Marseille. Il mourut peu après puisque Bertrand, qui suit, reçoit la consécration la même année.

  • Bertrand Ier (décembre 1044 - 23 février 1091)


    Il appartenait à une famille richement possessionnée sur le diocèse (particulièrement aux alentours du Muy) puisqu’on la voit faire un certain nombre de donations à l’abbaye de Saint-Victor dès avant l’accession à l’épiscopat de Bertrand. Les actes nous apprennent que son père fut enseveli dans l’église de Saint-Cassien, que sa mère s’appelait Aelia et ses frères, Aldebert, Guillaume et Hugues.
    Bertrand commence jeune son très long épiscopat (le plus long de l’histoire de Fréjus) en 1044 et va recevoir la consécration des mains de l’archevêque d’Arles, Rajambaud. Son prédécesseur étant encore cité dans un acte du cartulaire de Saint-Victor le 1er décembre 1044, on peut supposer que l’élection et le sacre eurent lieu dans les tout derniers jours de l’année.
    De nombreux actes jalonnent son épiscopat, retenons la consécration de l’église de la Motte en 1052 et celle de Villehaute au territoire d’Ampus, ses donations : en 1058 à l’abbaye de Saint-Victor d’une propriété familiale au Muy, en accord avec les siens, pour la construction d’un moulin, de l’église de Saint-Cassien toujours à l’abbaye marseillaise, et de l’église de Saint-Raphaël à l’abbaye de Lérins en souvenir de l’amitié qui liait saint Léonce et saint Honorat. En 1060 il siège au concile d’Avignon tenu par ordre de Nicolas II. Il meurt le 23 février, probablement de l’année 1091 puisque son successeur est sacré peu après.