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Les Italiens

Vue de Gênes vers 1490

Les frontières qui ont dessiné l’Europe contemporaine et modelé ses conceptions nationales sont encore étrangères à cette époque. Cependant la disposition de bénéfices par le Saint-Siège pour rétribuer sa clientèle au détriment des candidats locaux est une vieille querelle qui avait déjà opposé saint Louis à Innocent IV... L’histoire de la ville de Gênes, la cité des Fieschi qui illustrèrent à cinq reprises le siège de Fréjus, offre de nombreux liens avec la Provence : Charles d’Anjou avait vainement essayé de la conquérir au XIIIème siècle, mais dans cette période difficile, elle devra être placée sous protectorat français avec Jean d’Anjou et ses successeurs de 1458 à 1522, avec quelques éclipses où s'impose le duc de Milan. C’est au cours de l’une d’elles que se place la nomination d’Urbain Ier par le pape Sixte IV.

  • Urbain Ier Fieschi (16 septembre1472 - mort le 9 octobre 1485)

    image001Armes : bandé d'argent et d'azur


    Urbano Fieschi appartenait à une branche (celle des seigneurs de Savignone) de l’antique famille génoise déjà rencontrée avec Emmanuel, candidat malheureux à l’époque du Grand Schisme. Urbano était fils de Giacomo Fieschi et de Selvaggia Fieschi de Caneto, son quinquisaïeul était neveu d’Innocent IV et cousin germain d’Adrien V. Cette famille compte encore de nombreux cardinaux : Guglielmo (1244), Luca (1300), Giovanni (1378), Ludovico (1384), son oncle Giorgio (1434), son frère Niccolò (1503) qui va suivre, et plus tard encore Lorenzo (1706) et Adriano (1834).
    Dès la mort de Réginald d’Angline, Urbain Fieschi, protonotaire apostolique à la cour de Rome, fut préconisé, le 16 septembre 1472, sans l’intervention du roi René, ce qui eut pour effet d’ouvrir un conflit qui dura plus de quatre ans. Une bulle du 13 avril 1425 et pour la France une ordonnance du 26 novembre 1425 avaient rendu au pape la collation de la plupart des bénéfices qui lui avaient été soustraits à Constance, mais nous étions encore en Provence... Quoi qu'il en soit, nous sommes en pleine période où le pape essaie de reconquérir son autorité face aux couronnes imbues des principes conciliaristes et gallicans.

    Le roi, mécontent de la nomination unilatérale imposée par Rome, fit saisir le temporel de l’évêché et fit mettre sous séquestre ses revenus. Il nomma un gouverneur du temporel en la personne du capitaine Claude Rodolphe et un clavaire (ou intendant de l’évêché), Philippe Juste. Le diocèse fut administré au spirituel par un vicaire capitulaire élu par le chapitre qui s’était rangé à l’avis du roi, et par un official.
    Une nouvelle querelle éclata à propos de l’union de l’abbaye du Thoronet à l’évêché de Fréjus en faveur d’Urbain Fieschi par une bulle du 10 février 1474, les protestations du roi René qui trouvait les revenus de l’évêché suffisants aboutiront à la révocation de la mesure le 11 août suivant.
    Le conflit conduira à la proclamation par le pape de l’interdit sur la ville et le diocèse de Fréjus, tous les ecclésiastiques étant alors privés de leur bénéfice et tout office religieux impossible. La situation était devenue insupportable ; un événement particulièrement douloureux accéléra sa résolution : le dimanche des Rameaux 1474, profitant du fait que la plupart des habitants avaient déserté la ville pour assister aux offices à l’extérieur, des pirates pillèrent la ville et firent de nombreux prisonniers parmi les personnes restées en ville.
    Le roi écrivit au pape : « Vous avez la clef des cieux, mais dans la conduite des choses périssables, ne faut-il pas aux princes une force dont les effets visibles maintiennent l’ordre en tout lieu et garantissent à Votre Sainteté même la vénération ? En donnant un pasteur à l’Eglise de Fréjus sans nous en avoir informé et en exigeant ainsi de nos sujets des sacrifices matériels dont nous seuls pouvons et devons disposer, Votre Sainteté n’a-t-elle pas confondu ses droits avec les nôtres ? »
    Le pape leva les censures et signifia que l’excommunication ne portait que sur les chanoines, mais ne revint pas sur la nomination de l’évêque. Après deux ans de tension, le chapitre se soumit, le cardinal légat Julien Della Rovere envoya en avril 1476 son auditeur Pierre de Alexandris pour recevoir la soumission du clergé et des fidèles.
    Urbain Fieschi put alors envisager sa prise de possession qui eut lieu en octobre 1477. C’est de Rome où il est revenu, qu’il envoie ses pouvoirs, le 21 janvier 1478, à son frère Hector Fieschi, avocat consistorial, pour présenter en son nom l’hommage au roi, qui fut reçu à Marseille le 23 février.
    Quelques temps plus tard, ayant appris que l’évêque avait fait effacer des portes de la ville et sur d’autres édifices publics les armes royales pour les remplacer par les siennes, le roi fit rétablir ses armes et confisquer le temporel de l’évêché. Le Parlement fut saisi de l’affaire et alla jusqu’à déclarer l’évêque déchu de sa souveraineté temporelle. La mort du roi René le 10 juillet 1480 mit fin à ce nouvel épisode.
    Urbain Fieschi députa encore son frère Hector pour l’hommage au nouveau comte, Charles d’Anjou, le 9 novembre 1480 à Aix.
    L’absence d’Urbain Fieschi fut essentiellement motivée par son office d’ambassadeur du pape auprès du roi de France. En effet, Sixte IV met alors en place un système de représentation stable auprès des états modernes qui se constituent, visant à se substituer aux multiples légations temporaires. Dans cette période de transition, les missions d’Urbain Fieschi auprès de Louis XI tendent à devenir permanentes. Envoyé avec Jean-André Grimaldi en 1478 pour tenter d’apaiser les relations tendues entre Rome et le roi, il est jugé sévèrement par Louis XI qui considère alors qu’il est venu « pour dissimuler et nous cuider abuser ». Dans la foulée, il prit part au concile d’Orléans convoqué par le roi (13 septembre-19 octobre 1478), où la France agita contre Sixte IV la menace de la convocation d’un concile général. Après un passage probable en Allemagne pour seconder une ambassade auprès de Frédéric III, et de retour à Rome, il est désavoué par le pape en février 1479 pour son attitude trop conciliante lors du concile d’Orléans, privé de son poste de référendaire et exilé (cinq ans plus tard, le pontife sera encore plus autoritaire pour le référendaire Luc de Tolentis, légat en Bourgogne, suspendu de ses pouvoirs et excommunié !).
    Urbain Fieschi retrouva cependant bien vite ses fonctions puisqu’en 1482 Sixte IV le recommande à Louis XI auprès duquel il est de nouveau son envoyé et où il finira par se faire apprécier. Ainsi, lors de l’acquisition de la Provence par la couronne de France, l’avocat consistorial Ricci, mandaté par le pape comme orateur auprès de Louis XI, invite le roi, entre autres recommandations, à maintenir les privilèges de l’évêque de Fréjus. A Plessis-lès-Tours, son chemin croisera celui de saint François de Paule arrivé auprès du souverain malade, après avoir fait halte à Fréjus affligée par la peste.
    Il semble que seule la mort du roi (30 août 1483) ait libéré Urbain Fieschi pour lui permettre de retrouver son diocèse qu’il avait gouverné jusque-là par l’intermédiaire de ses vicaires généraux, le chanoine Jean-Baptiste de Nigris, Alexandre de Regiis, prieur de la Verne, ou Nicolas Fieschi, son frère, qui lui succédera.
    Il passa effectivement à Fréjus fin 1483, mais c’est à Rome qu’il mourut le 9 octobre 1485.
    En 1483, il avait reçu de Sixte IV le titre d’abbé de Saint-Wandrille.

  • Nicolas Fieschi (14 octobre 1485 - résigne en 1487)

    (première fois)

    image002Armes : bandé d'argent et d'azur


    Né vers 1456 à Gênes, Niccolò Fieschi, frère du précédent, était le cinquième des onze enfants de Giacomo Fieschi et de Selvaggia Fieschi de Caneto.
    Le 10 juin 1481 il reçoit les ordres mineurs, en compagnie de son frère Pierre, à Bologne où il suit les cours de la faculté de droit et où il obtient le 15 septembre suivant – toujours en compagnie de son frère – le doctorat in utroque iure.
    Son frère Urbain, évêque de Fréjus, le nomme vicaire général et prévôt de son Eglise en 1482. C’est ainsi, qu’en l’absence de son frère, c’est lui qui accueillit saint François de Paule à Fréjus.
    Il était en même temps prévôt de Toulon quand Sixte IV lui donna le siège de Toulon le 15 mars 1484, mais les officiers du roi de France refusèrent de l’y recevoir.
    Déjà notaire apostolique et archiprêtre de Gênes, il est nommé le 8 juin 1485 collecteur apostolique et châtelain de Viterbe, charges dont il prend possession le 12 juin suivant. Victime du soulèvement fomenté par la famille Orsini au nord de Rome, c’est en prison qu’il reçoit l’annonce de la mort de son frère Urbain et de son accession, cinq jours plus tard, au siège de Fréjus, soit le 14 octobre 1485.
    Innocent VIII qui n’avait pas perdu de temps pour le pourvoir enfin d’un diocèse et lui confier entre autres bénéfices provenant de la succession d’Urbain le titre de référendaire apostolique le 3 novembre suivant, fit pression sur le cardinal Jean-Baptiste Orsini pour obtenir sa libération qui intervint le 23 janvier 1486.

    Mais profitant peut-être de la situation et reproduisant ce qui s’était passé à Toulon, un commissaire royal se saisit là-encore des biens et des revenus de l’évêché comme s’il eût été vacant, empêchant Nicolas de disposer librement de ce qui lui revenait de droit.

    La raison de ces embarras est qu’Etienne de Vesc, bailli de Meaux, voulait se réserver ces bénéfices pour son neveu Rostan d’Ancezune. Cet Etienne de Vesc, avait assuré l’éducation du futur Charles VIII. A partir de cette position, il collectionnera les charges et les titres : chambellan, il fait alors partie du conseil de régence. Ses attaches méridionales (il est seigneur de Caromb et baron de Grimaud), et les missions qui lui sont confiées en font un des acteurs du rattachement de la Provence à la France, de là il s’intéressera au royaume de Naples et sera l’instigateur des guerres d’Italie. C’est dans ce contexte qu’il cherche à placer parents et amis sur les sièges épiscopaux de la région, en opposition aux propositions italiennes.

    Le pape protesta devant cette résistance et écrivit plusieurs brefs au roi. En 1487 un accommodement fut trouvé : dans l’attente d’un autre évêché pour Nicolas Fieschi, et avec son accord, il bénéficierait d’une pension sur les sièges de Toulon et de Fréjus pendant que Rostan d’Ancezune administrerait le diocèse de Fréjus avant d’en être nommé évêque en titre.

    C’est ainsi que Nicolas Fieschi dut patienter jusqu’au 22 octobre 1488 pour obtenir l’évêché d’Agde, laissant alors Rostan d'Ancezune assumer le titre d’évêque de Fréjus, qu’il abandonnera à son tour pour passer à l’archevêché d’Embrun en 1494, ce qui laissera la place libre pour le retour de Nicolas Fieschi.

  • Rostan (ou Rostaing) d'Ancezune (1488-1494)

    Ancezune 1Armes : de gueules à deux dragons monstrueux d'or et affrontés posés sur le pied gauche et tenant de leur pied droit leur barbe terminée en serpents qui se rongent le dos la queue terminée de même ainsi que les griffes de leurs pieds

     

     Originaire du Comtat Venaissin, de la famille des seigneurs de Caderousse, Rostaing est fils d’Aimar-Antoine d’Ancezune, pannetier du roi, et de Louise de Falcos. Devenu prévôt d’Orange, ambassadeur du roi auprès de Jules II dont il fut camérier et protonotaire apostolique, mais surtout le neveu d’Etienne de Vesc, bailli de Meaux, chambellan du roi Charles VIII, qui fit demander pour lui par le Conseil du roi dès le 6 mars 1484 l’évêché de Toulon et la prévôté de Pignans : « Item ont été ordonnées pareilles lettres en substance pour Mre Raustain d’Ansuzenne, pour l’evesché de Toulon et pour la prévosté de Pignen en Provence. » Plusieurs lettres et démarches furent entreprises à cette fin auprès du pape qui avait nommé entre temps Nicolas Fieschi (15 mars 1484).

    AncezuneOn mit le séquestre sur les revenus de Pignans et de Toulon, les faisant administrer par un commissaire du roi pendant deux ans. Le transfert de Nicolas Fieschi à Toulon ne fit que déplacer le conflit qui trouva une issue dans la nomination de Rostan d’Ancézune d’abord comme administrateur du diocèse de Fréjus le 17 septembre 1487 puis comme évêque en titre, à la nomination de son compétiteur au siège d’Agde le 22 octobre 1488.

    AncezuneOn ne retient rien de particulier de son épiscopat, sinon qu’il participa aux Etats de Provence tenus à Aix en mars 1492. Son grand vicaire fut Jean de Montaigu nommé évêque d’Apt en 1494. Charles VIII fit de Rostan d’Ancezune son ambassadeur auprès d’Alexandre VI et c’est à Rome qu’il apprit sa promotion à l’archevêché d’Embrun, le 26 novembre 1494, pour lequel le roi avait fait parvenir auprès du pape d’instantes sollicitations.

    AncezuneIl occupa ce siège durant seize années et y reçut Louis XII le 15 septembre 1499 dans sa cathédrale qui conserve encore dans son trésor un somptueux jeu d’ornements liturgiques (chasubles, chapes et dalmatiques) à ses armes.

    Il mourut à Rome le 27 juillet 1510 et fut inhumé dans la basilique des Douze Apôtres, du côté de l’épître.

  • Cardinal Nicolas Fieschi (25 février 1495- résigne le 5 novembre 1511 en faveur de son neveu – administrateur jusqu’à sa mort, le 15 juin 1524)
    (de nouveau)


    image007speNicolas Fieschi peut enfin jouir du siège de Fréjus où il est de nouveau nommé le 25 février 1495. Il fit d’abord prendre possession par l’ancien vicaire général de son frère, le chanoine Jean-Baptiste de Nigris. Il s’y établit peu après, rencontra le 12 mai 1495 son prédécesseur qui lui remit les titres de l’évêché, et procéda à la visite de son diocèse au cours de laquelle, il consacra l’église de Trans (22 novembre 1495). Le 2 juin 1496 au Luc il donna la tonsure au jeune Antoine Filhol qui sera un jour archevêque d’Aix (1541-1550). Il tint un synode diocésain.
    Le 3 mars 1500 la cité de Gênes lui confia une importante ambassade pour défendre ses intérêts auprès du roi de France sous la dépendance duquel elle se trouvait alors. L’ambassadeur s’en tira honorablement et réussit même à se faire apprécier de Louis XII qui confirma par lettres patentes du 30 juin 1503 ses droits et privilèges sur Fréjus et sollicita pour lui la dignité cardinalice qui lui fut accordée par le pape Alexandre VI Borgia au consistoire du 31 mai 1503 avec publication le 2 juin suivant, il recevra dix jours plus tard le titre diaconal de Santa-Lucia in Septisolio (il deviendra ensuite cardinal-prêtre du titre de Santa-Prisca le 5 octobre 1506, puis cardinal-évêque le 5 février 1518 avec les titres successifs d’Albano, Sabine, Porto & Sainte-Rufine, Ostie & Velletri).
    image005La fonction cardinalice exigeait sa présence dans la Ville éternelle et qu’il soit confirmé dans celle de pasteur de Fréjus, ce à quoi consentit Jules II. Le nouveau cardinal s’était déjà acquis une réputation d’intégrité et de liberté face à Alexandre VI ; sa position influente ne fit que s’accroître au sein du Sacré Collège où il faisait figure de chef de file du parti philo-français. Les deux premiers conclaves auxquels il participa suivirent de peu son élévation à la pourpre, mais en 1513, à la mort de Jules II il fut déjà présenté comme l'un de ses possibles successeurs ; à celui de 1521-22, il est en tête du premier scrutin et de nouveau aux sixième, septième et neuvième et demeure un potentiel successeur d’Adrien VI en 1523.
    Les activités d’un cardinal sont diverses : le 12 avril 1507 on le voit accompagner Jules II et Bramante sur le site de la future basilique vaticane, en décembre 1515 c’est lui qui est choisi avec le cardinal Jules de Médicis pour accueillir François Ier à Bologne en vue de sa rencontre avec Léon X d’où sortira le concordat avec la France, en 1517 il est nommé à la commission pour la croisade et en 1523 à celle pour la réforme de la Curie, il est encore qualifié de Protecteur de l’ordre dominicain et garde, de par ses origines, le souci des intérêts de la cité génoise.
    Malgré cela, Nicolas Fieschi multiplia les charges et, en vertu de la norme en vigueur pour les cardinaux, porta les titres d’ « administrateur » d’Agde, puis de Senez (1507-1509), d’Embrun à la mort de Rostan d’Ancezune (1510-1518), de Toulon (1514-1515, 1518-1524), de Ravenne (1516, qu’il cèdera à son neveu Urbain le 4 novembre 1517), d’Andria (1517, qu’il résignera à un autre neveu, Giovan Francesco Fieschi le 13 novembre 1517), d’Umbriatico (1517-1520), sans compter les abbayes (Grandmont, Bonnecombe, Tre Fontane) ni les nombreux canonicats et prieurés qu’il possédait y compris dans le diocèse de Fréjus, ce qui l’entraîna dans nombre de contestations.
    FieschiIl fit administrer le diocèse par ses grands vicaires et des auxiliaires ou « suffragants » pour les fonctions épiscopales dont le premier fut :
    Jean-Baptiste de Nigris, son vicaire général qu’il fit sacrer évêque in partibus de Tripoli et qui fut actif de 1495 à sa mort en 1515, ou encore Jean Colombi, évêque in partibus de Troie (1515-1517), qui effectue la visite pastorale en 1517 et porte le 30 mars de la même année une ordonnance faisant obligation aux prieurs et curés de tenir des registres de catholicité.
    ou encore le prévôt du chapitre, Lambert Arbaud, évêque in partibus de Venosa, nommé à ce titre le 16 novembre 1510, qui mourra en 1527.
    Le cardinal-évêque ne manquait pas d’intervenir depuis Rome, cependant, pour faire valoir ses droits dans un certain nombre d’affaires temporelles ou touchant la discipline ecclésiastique. Il avait déjà résigné son siège quand il soutint encore la cause de canonisation de saint François de Paule, qui aboutira le 1er mai 1519, et il jouera un rôle important dans l'installation des Minimes et l’établissement du culte de saint François à Fréjus.
    En effet, sans renoncer à en exercer les fonctions en raison de l’âge du nouveau détenteur, il avait déposé le titre d’évêque de Fréjus, le 5 novembre 1511, au profit de son neveu Urbain Fieschi, qui mourra avant lui.
    Après vingt ans d’absence, Nicolas Fieschi fit un séjour de plus de deux ans à Fréjus entre 1521 et 1523.
    De retour à Rome, il devient Doyen du Sacré Collège le 20 mai 1524. Il meurt peu après, le 14 juin 1524, laissant le souvenir d’un dévouement sans bornes à l’Eglise. Il est inhumé à Sainte-Marie-du-Peuple à Rome.

  • Urbain II Fieschi (5 novembre 1511 - 1524)

    Neveu du précédent. Probablement jamais sacré

    image001armes : bandé d'argent et d'azur

     

    Le cardinal Nicolas Fieschi, résigna le siège de Fréjus en faveur de son neveu, Urbano, encore mineur. Ce projet manifesté dès 1507 fut effectif avec les bulles de nomination datées du le 5 novembre 1511. Ainsi voit-on apparaître sur plusieurs documents contemporains le nom du premier qualifié d’administrateur aux côtés du second, dans l’attente de l’âge canonique et portant le titre d’ « évêque élu de Fréjus ». C’est encore Jean-Baptiste de Nigris, renouvelé dans sa fonction de vicaire général, qui prit possession du siège en son nom le 12 octobre 1512.
    Le 25 octobre suivant, Jules II accorde à Urbain les abbayes Saint-Sauveur d’Arezzo et Saint-Vigile de Sienne, elles aussi résignées en sa faveur par Nicolas Fieschi. Le 4 novembre 1517, sans abandonner son titre d’évêque de Fréjus, il reçoit celui d’archevêque de Ravenne, nouvelle libéralité venant du patrimoine de son oncle.
    C’est sous cet épiscopat nominal qu’eut lieu l’apparition de Notre Dame au bûcheron Jean de la Baume sur le mont Verdaille, à Cotignac en 1519. Le 4 septembre de la même année fut bénite la première pierre de la chapelle élevée sur le lieu de l’apparition. Léon X accorda une indulgence plénière aux pèlerins qui la visiteraient, le 27 mars 1521.
    Un doute persiste sur le lieu et la date du décès d’Urbain Fieschi qu’on a fait mourir à Fréjus le 22 mai 1516, à Rome le 20 décembre 1521 ou encore le 23 janvier 1524. Cependant sa présence est encore attestée lors d’une transaction avec les habitants de Fréjus en compagnie de son oncle le 26 avril 1523 et un arrêt du Grand Conseil, signé à Blois le 23 janvier 1524 (précisément, le jour probable de son décès) cite encore « messire Nicolas de Flisco, administrateur de l’evesqué de Fréjus et maistre Urban de Flisco, son nepveu, evesque dudict Fréjus ».
    Quoi qu’il en soit, il était mort au décès de son oncle le 15 juin 1524 puisqu’alors la vacance du siège ouvrait la voie à une nouvelle nomination.
    On ne sait si Urbain fut même sacré évêque.

  • Cardinal Franciotto Orsini, dit des Ursins (15 juin 1524- résigne le 15 décembre 1525 en faveur de son petit-fils)


    image007Armes : bandé de gueules et d'argent, au chef du second, chargé d'une rose de gueules, et soutenu d'une divise d'or, chargé d'une anguille ondoyante en fasce, d'azur


    Le nouvel administrateur du diocèse était né en 1473 à Rome, il était le fils aîné d’Orso Orsini di Monterotondo et de Costanza Savelli. Clarisse, la sœur de son père, avait épousé Laurent le Magnifique, tous deux parents du pape Léon X qui fut son compagnon d’enfance puisque c’est à la cour de Florence que l’enfant fut élevé. Un de leurs maîtres, Ange Politien, qui l’avait pris en affection lui a dédié son ouvrage Des poids et des mesures.
    Cette famille Orsini avait déjà donné plusieurs papes à l’Eglise : Célestin III, Nicolas III, Benoît XIII mais fournira aussi pas moins de dix-neuf autres cardinaux : Matteo Orsini (1262), Latino Malabranca Orsini o.p. (1278), Giordano Orsini (1278), Napoleone Orsini (1288), Francesco Napoleone Orsini (1295), Giovanni Gaetano Orsini (1316), Matteo Orsini o.p. (1327), Rinaldo Orsini (1350), Giacomo Orsini (1371), Poncello Orsini (1378), Tommaso Orsini (1383), Giordano Orsini (1405), Latino Orsini (1448), Cosma Orsini o.s.b. (1480), Giovanni Battista Orsini (1483), Flavio Orsini (1565), Alessandro Orsini (1615), Virginio Orsini o.s.Io.Hier. (1641) et Domenico Orsini d’Aragona (1743).
    Franciotto, seigneur de Monterotondo, San Polo, Stimigliano, Collevecchio et Fianello, comte de San Valentino de 1498 à 1507, seigneur de Celleno en 1524, et Noble Romain, prit d’abord le métier des armes, épousa Violante Orsini di Mugnano dont il eut cinq enfants : Costanzo, Ottavio, Orso, Clarice, Cecilia. On lui connaît aussi un fils naturel, Annibale, qui sera archevêque de Nicosie et chanoine de la basilique Saint-Pierre du Vatican. Les Médicis ayant été chassés de Florence, il rejoint les places fortes de la famille Orsini qui entre alors en opposition avec Alexandre VI soutenu par le clan Colonna qui le retient prisonnier un certain temps. Il prit part à la conjuration contre César Borgia en 1502 et, contrairement à ses alliés, échappa de peu à la mort. Il revint en 1512 à Florence avec son cousin Jean de Médicis et le suivit à Rome l’année suivante lorsqu’il monta sur le siège de Pierre sous le nom de Léon X.
    image008Après le décès de son épouse, sans pour autant manifester de dispositions spirituelles particulières, il entre dans les ordres et devient protonotaire apostolique. Lors de l’étonnante promotion du 1er juillet 1517, il est créé cardinal diacre du titre de Saint-Georges au Vélabre (titre reçu le 6 juillet avec le chapeau).
    Il est nommé ensuite administrateur de Nicastro le 18 septembre 1517, charge qu’il résigne le 5 mai 1518 (selon l’usage de l’époque pour les cardinaux, il ne reçut aucun évêché comme titulaire mais toujours comme administrateur à vie). Le 18 janvier 1519 il est nommé administrateur de Boiano, jusqu’au 24 juillet 1523. Le 8 août 1519 il reçoit le nouveau titre cardinalice de Sainte-Marie-in-Cosmedin. En l520, il devient archiprêtre de la basilique Saint-Pierre du Vatican (charge qu’il résignera en 1530). Il participe aux conclaves très politiques que furent celui de 1521-1522 qui élira Adrien VI (qu’il n’avait pas soutenu) et celui de 1523 qui élira Clément VII (un Médicis, de nouveau, dont le pontificat fut désastreux) où, dit-on, il ne lui manqua que quelques voix pour devenir pape.
    Son appartenance à la famille Orsini faisait de lui un ami de la France, cette raison joua-t-elle pour qu’il soit nommé administrateur de Fréjus le 15 juin 1524, le jour même du décès du cardinal Fieschi ? Il fait immédiatement prendre possession par son fils Octave (le père se son successeur), le 20 juillet suivant. De nouveau, le siège était occupé par un prince de l’Eglise, ce qui ne manqua pas de flatter l’orgueil des provençaux comme l’exprime cette supplique des habitants de Fayence : « Les immenses tristesses que nous avons éprouvées à la mort de Nicolas de Fiesque, la nouvelle de votre élévation les a changées en une grande joie quand nous avons vu qu’après avoir été privés d’un tel appui, nous continuerions à dépendre d’un prélat du siège apostolique. Dès que nous eûmes appris que Jésus-Christ, dans sa miséricorde, nous avait donné un soutien si puissant, nos cœurs furent remplis d’une allégresse indescriptible et notre voix ne peut assez bénir le Très-Haut d’avoir placé à la tête de notre Eglise, à une époque si troublée où notre ville, comme tout le diocèse, semble privée de toute prospérité, un pontife aussi illustre par sa science, sa vertu et sa foi que par son éloquence et son habileté dans les affaires. »
    Le cardinal fera administrer le diocèse, dans lequel il ne vint jamais, par un prêtre qu’il envoie de Rome Ange Oddo de Confinio, nommé alors grand vicaire et qui succèdera en 1527 comme prévôt du chapitre à Lambert Arbaud, évêque in partibus de Venosa, qui avait assuré jusque-là les fonctions épiscopales et qui venait de mourir en 1527 (il fut inhumé, selon ses volontés, dans la cathédrale de Fréjus au devant de l’autel de la Sainte Vierge, près de l’escalier qui conduisait au cloître).
    Franciotto Orsini régla le long procès qui l’opposait à la ville sur ses droits de seigneurie, par une transaction à l’amiable signée le 4 septembre 1526.
    Il avait déjà résigné son siège à son petit-fils Leone Orsini le 15 décembre 1525, mais en conservant pour lui l’administration et les revenus jusqu’à ce que le nouveau titulaire atteigne l’âge requis pour faire valoir ses droits, comme nous le verrons dans la notice suivante.
    Franciotto Orsini eut à subir les violences du terrible sac de Rome de 1527 par les troupes de Charles-Quint : d’abord réfugié pendant sept mois avec le pape dans le château Saint-Ange il est constitué otage en décembre avec le cardinal Cesi pour permettre la libération de Clément VII. Il ne sera finalement libéré des prisons des Colonna qu’en février 1528 contre l’honnête somme de 20 000 ducats.
    Le mois suivant, exactement le 23 mars 1528, il est nommé administrateur de Rimini, jusqu’à sa résignation le 7 avril 1529.
    Il meurt le 10 janvier 1534 et est inhumé dans la basilique Saint-Pierre du Vatican.

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    Inscription funéraire :
    FRANCISCO CARDINALI VRSINO LEONIS. X. PONTIF. MAXIMI. AMITINO. QVI. DVM. ANNVM. PROPE. LXI. AGERET. DIEM. CLAVSIT. EXTREMVM. QVARTO. IDVS. IANVARII. MDXXXIII. OCTAVIVS. VRSINVS. PATRI. OPTIMO. POSVIT.

  • Léon Orsini (15 décembre 1525 - mort le 11 mai 1564) petit-fils du précédent

    image010C’est le 15 décembre 1525 que le tout jeune Leone Orsini fut nommé à l’évêché de Fréjus, il avait douze ans...
    Né probablement à Stimigliano, au nord de Rome, en 1513, il était le quatrième des cinq enfants d’Ottavio Orsini (fils de Franciotto) et de Porzia Orsini, il était co-seigneur de Monterotondo (seul à partir de 1562). S’il faut en croire Francesco Sansovino on lui donna ce prénom en hommage au tout nouveau pape, Léon X, qui fut son parrain.
    Cette nomination qui étonne correspond à la résignation en sa faveur de son grand-père le cardinal Franciotto Orsini qui s’était réservé, avant que l’adolescent atteigne l’âge requis, l’administration, les revenus et la collation des bénéfices. Tout avait été prévu : la reprise du titre par Franciotto en cas de décès du bénéficiaire ou sa gestion temporaire par le cardinal Ridolfi, leur parent, dans le cas de la mort prématurée du grand-père.
    En attendant, le jeune Leone cumule les bénéfices : il succède en 1531 à Oddo de Confinio comme prévôt du chapitre de sa cathédrale et reçoit la même année l’abbaye de Pomposa. Après avoir étudié à Rome, il avait rejoint Padoue pour parfaire sa formation ; il y intervient dans la vie de l’université comme en 1538 où on le voit peser de tout son poids lors de l’élection du recteur des étudiants en droit.image011 Il est aussi le type du prélat mécène de la Renaissance : dans les années 1530 il prend sous sa protection le provençal Antonio Gardane qui fera une très brillante carrière d’imprimeur de musique à Venise, sous la marque typographique qui honore le prénom et le nom de son bienfaiteur : le lion et l’ours.
    On le voit encore favoriser l’humaniste Niccolò Franco, ex-secrétaire de l’Arétin, qui, dans sa dédicace des Pistole vulgari, en septembre 1538, louera de manière hyperbolique et convenue les qualités du jeune prélat : « la riverenza, per cui tutte le anime gli si inchiano : il valore, onde ciascuno l’osserva : la generosità, per cui tutti gli occhio lo mirono con istupore : e la virtù donde ogni lingua lo essalta. »
    Le 6 juin 1540, avec d’autres humanistes il fondera à Padoue, parmi tant d’autres en Italie, une académie littéraire et philosophique intitulée l’Académie degli Infiammati dont il sera le premier « Principe ». Mais le 6 août suivant, il quitte Padoue pour Rome.
    En 1530 l’administration du diocèse avait été confiée par Franciotto Orsini à Marc de Gally, prieur de Saint-Etienne.
    image012A la mort de son grand père survenue le 10 janvier 1534, Leone prit des décisions signées de son palais de Monterotondo (le 16 novembre 1534) pour désigner des procureurs afin de prendre en son nom possession du siège de Fréjus et prêter hommage au roi, ce qui fut fait le 19 février 1535 par Bertrand Néron nommé vicaire général (cet ancien capiscol d’Agde avait été repéré par Nicolas Fieschi qui l’avait amené avec lui en 1494 avant de le nommer official puis archidiacre et de lui laisser finalement la haute main sur les affaires du diocèse). Les fonctions épiscopales continuaient d’être honorées par d’autres évêques : l’évêque de Chartres était venu faire la visite pastorale en 1530 au cours de laquelle il avait consacré l’église de Villecroze, mais aussi par des auxiliaires : à Lambert Arbaud mort en 1527 avait succédé 1523 Barthélémy Portalenqui, évêque in partibus de Troie. (Né au Luc dans une famille pauvre, il y entre très jeune au couvent des Carmes. Ses supérieurs qui l’ont remarqué lui obtiennent une aide du conseil communal pour financer ses études. Sacré évêque de Troie, il remplace le cardinal Orsini puis son petit-fils en faisant les visites pastorales et en procédant aux ordinations : il est plusieurs fois cité en 1546, 1553, 1554), et encore Pierre Maynard, évêque in partibus d’Hébron, qui procéda à plusieurs ordinations en 1532 et 1533 dans le baptistère ou dans les églises extra muros de Saint-Joseph ou de Saint-Antoine, pendant que la cathédrale est en chantier.image013 Les chanoines entreprennent en effet une série de travaux d’embellissement qu’on admire encore aujourd’hui en partie, comme la flèche et ses clochetons ou les splendides portes de bois sculptées. En 1535, la visite pastorale fut confiée par Bertrand Néron au coadjuteur d’Aix, Antoine Filhol, qui dut l’interrompre l’année suivante en raison de l’invasion de la Provence par les troupes de Charles Quint durant l’été. Ni la ville de Fréjus, investie le 27 juillet 1536, ni la cathédrale, ni les biens, ni les personnes ne furent alors épargnés. La ville rebaptisée Charleville supporta jusqu’au 6 août la soldatesque qui repassa en septembre, laissant le pays meurtri pendant près de vingt ans. « Il eut soin de piller notre ville et surtout de faire emporter l’argenterie et les reliques de notre église. De là vient qu’elle en est encore aujourd’hui presque dépourvue », déplore Girardin. Parmi les compagnons de Charles Quint, il faut citer la présence du marquis de Lombay, autrement connu aujourd’hui sous le nom de saint François Borgia, l’édifiant prince espagnol qui deviendra le deuxième successeur de saint Ignace de Loyola à la tête de la Compagnie de Jésus, et qui assistera alors le poète Garcilaso de La Vega mortellement blessé lors de l’escarmouche de la tour du Muy.
    Bertrand Néron étant mort la même année au mois de février 1536, lui succédèrent comme grands vicaires le prévôt Georges Fénilis dont les armes martelées ornent encore le linteau de la sacristie de la cathédrale, puis Guillaume Francolis, Claude Grenon, Laurent Lauri et enfin le secrétaire de Leone Orsini, Boniface Pignoli.
    Ce n’est que dans la seconde moitié des années 1540 que Leone Orsini s’engage résolument à assumer ses fonctions ecclésiastiques. Il participe le 4 janvier 1546 à la première session du concile de Trente, puis écrit le 14 mars suivant à Marcel II pour justifier son absence, alors, seulement, il se met en route pour la France.
    Après avoir obtenu des délais, il prête personnellement le serment de fidélité au roi Henri II dans son château de Fontainebleau le 6 novembre 1547. C’est à cette occasion qu’il fit son entrée à Fréjus où on le trouve à différentes reprises dans les années suivantes. Il est alors ordonné prêtre – ce qu’il avait différé jusque-là – et célèbre sa première messe dans la cathédrale le 8 septembre 1551. Ces festivités mais aussi celles du Jubilé qui venait de s’achever et auquel la cathédrale de Fréjus avait était associée furent l’occasion de doter son église d’ornements précieux et d’entreprendre des travaux tant dans le sanctuaire (un nouveau maître autel fut installé) qu’à l’évêché.
    Au lendemain de sa prestation de serment, le 16 novembre 1547, le nonce écrivait déjà à Rome pour lui obtenir la pourpre à la demande de Catherine de Médicis. La Cour de France essaiera vainement de lui faire obtenir le cardinalat comme en témoigne encore une lettre de la reine du 13 novembre 1556.
    Seigneur temporel, l’évêque fut attentif à défendre ses droits sur la ville tout autant qu’à favoriser l’intérêt de ses sujets, permettant le creusement d’un canal ici, la construction d’un pont ailleurs, ce qui n’empêcha pas quelques différents, en particulier lorsqu’il voulut mettre un terme en 1558 à la populaire fête des fous, se heurtant à l’opposition de la municipalité de Fréjus qui finit par céder pour se faire pardonner les violences dont l’évêque avait eu à souffrir à cette occasion. Il dut encore travailler à apaiser dans le clergé les mécontentements dus au nouveau système de taxation consécutif au concordat de Bologne.
    Il fit encore plusieurs allers-retours à Rome et en Italie : en 1552, en 1554-1556 où il reçut la consécration épiscopale, ce qui lui permit de procéder lui-même aux ordinations de la Trinité à Draguignan. Dans cette paroisse, il mit de l’ordre au service divin passablement négligé, jetant les bases du chapitre dont les statuts seront approuvés en 1570.
    Il était encore à Rome en 1560-1563 d’où il mande son vicaire pour prêter serment en son nom entre les mains du nouveau roi, Charles IX,
    mais ne participa à aucune autre des sessions du concile qui venait de reprendre dans la ville de Trente. En 1562, il recouvre les biens de ses frères Henri et François, sous le coup d’une condamnation pour participation à un homicide.
    Dans le diocèse de Fréjus, les premiers troubles religieux consécutifs à la Réforme protestante étaient apparus dès 1559, quand deux luthériens incendièrent la collégiale de Barjols et y massacrèrent sept chanoines ; en réaction le village huguenot de Tourves fut pillé et la population passée au fil de l’épée. De nouveau Barjols fut alors le théâtre de violences : les églises pillées, le corps de saint Marcel brûlé et les prêtres jetés dans un puits. Les conseils communaux prirent alors des mesures de protection. Si le contexte permit l’apparition de cette pittoresque particularité provençale qu’est la Bravade il favorisa aussi un climat de suspicion et de délation qui pesa lourd : le vicaire général Boniface Pignoli cita devant l’officialité un dominicain de Draguignan, excommunia le prieur de Saint-Tropez et celui de Notre-Dame de Plèbe à Bargemon, un vicaire de Bargème, un chanoine de Barjols, le prieur d’Entrecasteaux, le prévôt de Pignans et le prieur de Saint-Blaise à Figanières, tous suspects d’adhérer à la Réforme.
    Revenu à Fréjus en 1563, Léon Orsini y fit encore deux ordinations les 18 et 29 décembre et mourut le 11 mai 1564, jour de l’Ascension, à 6 heures et demi du matin. Il y fut inhumé dans la cathédrale, sous la lampe du sanctuaire