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Jean d'Arpadelle (6 novembre 1340 – juin 1343)


Né vers 1280, Jean d’Arpadelle était lui aussi originaire du Quercy.
Dans un premier temps, il suit la carrière d’un de ses parents, le jurisconsulte Arnauld d’Arpadelle (ca 1250-1312), professeur à l’université de Toulouse, auteur en 1296 d’un célèbre commentaire sur les coutumes de Toulouse et membre de l’administration des sénéchaussées de Toulouse et de Carcassonne où il apparaît comme lieutenant du juge de la Cour d'appeaux.
Jean, à son tour, conquiert les grades de licencié en l’un et l’autre droit et de docteur en droit civil. En 1312, il est enquêteur pour le compte du roi à Bazas ; en 1314, lieutenant du juge des appeaux civils de la sénéchaussée de Toulouse où il enseigne comme professeur de lois en 1316.
Puis il entre au service de Jean XXII.
Fait chanoine de Palencia en 1318, il est nommé par le pape le 2 mars de la même année prévôt du chapitre du tout nouveau diocèse de Mirepoix. En 1319 il devient chanoine de Paris et part y résider avec une recommandation pontificale à destination du roi Charles IV et de son ministre Bertrand Jordani ; il y exercera en effet la fonction de procureur ou chargé d’affaire auprès du roi. Ainsi le pape lui envoie, entre autres messages, une lettre datée du 10 août 1322 au sujet de la croisade qu’il envisage après l’invasion de l’Arménie par les Sarrasins. Au chapitre de Notre-Dame (qui compte trois archidiaconés), il occupera à partir du 12 mars 1331 et jusqu’en 1340, la dignité d’archidiacre de Brie. Jean d’Arpadelle intervient aussi à l’université de Paris où il introduit en 1324-1325 l’étude des décrétales éparses appeléesExtravagantes.
Il cumule alors les bénéfices : doyen de Saintes le 23 mai 1323 (bénéfice qu’il cèdera le 12 octobre 1329), il reçoit le 1er août 1328 la dignité de prévôt de Sussey au chapitre d’Autun, avec dispense de résidence. Il est encore cité comme chanoine de Beaune la même année.
Dès 1323, il avait reçu la charge de chapelain du pape et semble un familier en grande faveur auprès de Jean XXII qui envisagea un temps, à la mort de son détenteur Pierre Tessier, le 22 mars 1325, de lui confier le poste de vice-chancelier, charge qui conduit alors au cardinalat. Le 19 avril 1326, on le trouve au Val-Cocatrix, près de Corbeil, comme témoin de la soumission des villes flamandes à Charles-le-Bel.
Il est collecteur des annates pour les diocèses d’Autun, Sens, Rouen et Bourges. Entre janvier et juillet 1339, il fait partie de la commission pontificale d’enquête sur le Dauphiné dont Humbert II de Viennois offre alors une partie de la suzeraineté à Benoît XII ; ainsi le voit-on rejoindre le 26 janvier l’évêque d’Avignon, Jean de Cojordan. L’année suivante, le pape le nomme évêque de Fréjus, à la mort de Barthélémy Grassi, par bulle du 6 novembre 1340 qui vante la maturité de son jugement. Encore diacre, il doit d’abord être ordonné prêtre avant de recevoir l’onction épiscopale. Le peu de temps qu’il vécut alors et son absence le firent presque oublier à Fréjus.
En effet, cinq jours avant la mort de Benoît XII, il fut nommé à la très prestigieuse charge de Recteur du Comtat Venaissin le 20 avril 1342, ce qui impliquait la résidence à Carpentras. C’est lui qui, dès le 30 août suivant, remet à Jean II, comte d’Armagnac, les 14 000 florins pour le comté de Monteux que le nouveau pape Clément VI a décidé d’acquérir. Il est encore cité dans un document du 31 mai 1343, mais quatre jours plus tard, le 4 juin 1343, le siège de Fréjus était vacant puisque remis à Guillaume d’Aubussac. Il mourut donc dans les tout premiers jours de juin de cette année, léguant à son Eglise de grandes richesses d’orfèvrerie.