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Charles Gavoty (1713-     )

 

Blason Charles Gavoty r

Charles Gavoty naît à Pignans le 15 décembre 1713. Il est le fils de Charles Gavoty (ca 1679-1734) et de Thérèse Bouiregan (1675-1741), sœur du chanoine Joseph Bouiregan (1664-1725). L’enfant est baptisé deux jours après par l’abbé Amalric, curé de Pignans. Comme son oncle, Charles entrera dans les ordres, avec un baccalauréat de théologie en poche. En ce frivole XVIIIème siècle et a fortiori dans certains milieux où elle se transmet, pour ainsi dire, de manière héréditaire, la cléricature a tendance à prendre l’aspect d’un privilège social comme tant d’autres, qu’alimente le système bénéficial. On ne s’étonnera donc pas de comportements aussi peu ecclésiastiques que celui que révèle cette interpellation à Paris le 13 septembre 1757 de Charles Gavoty, prêtre du diocèse de Fréjus, surpris en galante compagnie dont on note qu’il « a bu une partie de bouteille de bière » avec ladite personne… De la même façon, quelques vingt-cinq ans plus tard, les paroissiens de Mons se plaindront de leur curé, le chanoine Pierre Panisse, dont ils relèvent qu’il ne paraît jamais dans sa paroisse « et qu’il n’a jamais seulement daigné de faire aumôner (sic) la moindre chose dans ce lieu, lequel a des revenus de cette paroisse environ de 1500 livres et qu’il va les consumer à Paris pour ses agréables plaisirs, ce qui est injuste. » L’abbé Gavoty obtiendra entre autres bénéfices le prieuré de Saint-Martin-de-Chemars, à Châteaudun, ce qui est attesté au moins en 1779. Mais il a déjà été pourvu d’une stalle au chapitre de Fréjus en tout cas depuis 1764. Toujours dans le tourbillon de la capitale, mais en meilleure société, le chanoine Gavoty participe le 24 avril 1766 à Saint-Denis, avec les conseillers d’état Jean-François Joly de Fleury et Pierre-Etienne Bourgeois de Boynes, au chapitre général de la congrégation de SaSt Rochint-Maur, sommée d’envisager une réforme dans le cadre de la commission des réguliers à laquelle notre chanoine semble avoir apporté son concours, gavotyce qui laisse espérer qu’il avait eu le temps de se réformer lui-même... A la mort de messire François-Jacques Attanoux le 23 décembre 1778, le chanoine Gavoty lui succède en qualité de capiscol. On retrouve messire Gavoty le 2 juillet 1784, lorsqu'il intervient auprès du lieutenant civil du Châtelet pour obtenir un "curateur à délaissement" au sujet d'une rente : il s'intitule alors "prêtre, chanoine de l'église de Fréjus, aumônier de sa Majesté en son château royal de Madrid". Si la livraison de La France ecclésiastique pour l'année 1786 donne bien encore le chanoine Gavoty comme capiscol de Fréjus, il n'apparaît plus comme tel le 11 février 1786 où il est nommé tuteur pour le mariage de sa nièce Françoise-Thérèse Gavoty : comparait alors à Paris "messire Charles Gavoty, bachelier en théologie, chapelain du roi, prieur commendataire de St-Martin, curé de de la paroisse St-Roch", dans la capitale, et il signe "l'abbé Gavoty". Il aura donc cédé sa place au chanoine Baliste qui est attesté comme capiscol dès 1787. Est-ce lui qu'il faut reconnaître dans une des toutes dernières déclarations des bénéfices ecclésiastiques d'Ancien Régime, celle du 27 février 1790 où un Charles Gavoty est noté comme archidiacre d'Aurillac, prieur de Mamrmanhac et de Reilhac, au diocèse de Saint-Flour ? On le retrouve le 16 septembre 1793, où au coeur de la tourmente, le "citoyen" Charles Gavoty, résidant au 34 de la rue St-Martin à Paris, ville où il déclare habiter depuis trente ans, obtient sa carte de sûreté qui équivalait, sous la Terreur, à notre carte actuelle d'identité, il a alors 80 ans.