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Léon Guérinet (29 mars 1462- 18 juillet 1472)

 

guerinet terArmes : d'argent au chevron de gueules accosté de trois canettes de sable (Dictionnaire et armorial de l'épiscopat français 1200-2000)

 


Léon (ou Léonet) Guérinet, lui aussi d'origine angevine, était fils de Jean Guérinet et de Perrette Grasseteau. Ses frères et sœurs se nommaient Denys, Jean, François, général des aides en Poitou, secrétaire du dauphin Louis, fils de Charles VII, seigneur du Verger, et Perrette, épouse de Jean Payen, seigneur de la Fougereuse.

Léon Guérinet mena une double carrière ecclésiastique et administrative. La première mention de lui qui a été retenue ne cesse d’étonner et éclaire les difficultés de son parcours : le 28 février 1432, dans la salle du Palais, à Poitiers, l'avocat qu'il était se prit de querelle avec Jean Vousy, secrétaire du roi. Des paroles on en vint promptement aux coups... Jean Rabateau, avocat criminel au Parlement, prit fait et cause pour Guérinet et lui prêta main-forte. Cette scène fit scandale et la cour ordonna de prendre au corps et d’enfermer à la Conciergerie les deux avoctas. Le premier, étant clerc, fut réclamé par l'autorité ecclésiastique. Malgré cela et l’opposition du Parlement, l’affaire fut renvoyée au grand conseil du roi et jugée par lui. L’aventure n’entrava pas la carrière de Léon Guérinet : peu de temps après, le 27 avril 1433, il était nommé conseiller clerc en ce même Parlement, en remplacement de Charles de Vaudétar.

Tout en conservant sa charge au Parlement, Guérinet poursuivit un brillant parcours ecclésiastique : de prévôt du chapitre de Saint-Hilaire-le-Grand à Poitiers (on garde la trace d'un conflit qui l'opposait avec son chapitre au trésorier, en 1449), Guérinet devint prévôt du chapitre cathédral de Poitiers  (la Gallia christiana le donne doyen autour de 1456). Puis, à la mort de Jacques Jouvenel des Ursins, le 12 mars 1457, il fut élu par les chanoines pour lui succéder sur le siège épiscopal de Poitiers et y fit son entrée solennelle le 27 novembre 1457. Mais ce ne fut pas sans contestation car Charles VII avait promis la succession de Jacques Jouvenel à Jean du Bellay. Ce dernier prit l'administration du diocèse, à charge de payer à Léon Guérinet qui s'était retiré au château de la Roche-Posay dont les seigneurs étaient alliés à sa famille, une pension annuelle. Guérinet prit cependant le titre d'évêque de Poitiers et fut tenu pour tel car on le voit ès qualité participer à l’élévation des reliques de saint Vincent Ferrier à Vannes, début juin 1456 (Dom Guy-Alexis Lobineau, Vies des saints de Bretagne, Rennes, 1724, p.130) puis passer un concordat avec le chapitre de Saint-Hilaire-le-Grand, au sujet de ses privilèges et exemptions, le 25 octobre 1460.

Cependant, dans la situation inconfortable qui était la sienne, il préféra en 1462 accepter une permutation avec Jean du Bellay qui était resté évêque de Fréjus et désirait se rapprocher de sa patrie, moyennant une rente de 600 francs sur les revenus de la mense de Poitiers.

Léon Guérinet fut ainsi préconisé évêque de Fréjus le 29 mars 1462. Avant même de s’y rendre il y envoya son frère, Denis Guérinet, prêtre et licencié en droit dont il fit son vicaire général ; un autre frère, François, fut associé à ses affaires ainsi qu’un neveu qui porte le même prénom que lui, Léon, qu’il nomma viguier de Fréjus malgré sa jeunesse et son incapacité. Ce choix valut à l’évêque une sévère réprimande du sénéchal de Provence, qui lui ordonna de le renvoyer et de ne nommer un autre viguier qu’avec son agrément. On rencontre encore un Jean « Garineti » et un autre neveu, Jean Brunet, qui est son agent d’affaire et que l’oncle marie et dote à Fréjus.

On ne lui connaît pas d’activité outre que temporelle : il engagea un procès avec les habitants de Fréjus sur la seigneurie de la ville.

L’inconfortable évêque finit par se démettre en 1472, se réservant une pension de 1500 florins qui lui fut versée encore plusieurs années.

Léon Guérinet revint finir ses jours dans sa région d’origine. On ignore la date de son décès qui eut lieu après le 9 octobre 1482, jour où il préside encore une cérémonie pour René d’Anjou, dans le cadre des funérailles définitives du roi à Angers.