Logo2 v5

Famille Brémond

D’une famille d’artisans de Sanary, Antoine Brémond, maître cordonnier, y épousa en 1808 Marie Delevy. Deux de leurs fils furent chanoines de Fréjus : l’aîné, Antoine, et le dernier, Joseph. Entre les deux, le deuxième garçon, Simon-César, né en 1813, cordonnier à son tour et marié avec Joséphine Barbe, donnera naissance à Antoine-Marius qui, prêtre lui-aussi, deviendra également chanoine en 1903.

Romain-Joseph-Antoine Brémond naît à Saint-Nazaire ou Sanary, le 23 février 1809. Il fit de bonnes études littéraires et ecclésiastiques à Aix qui firent de lui un littérateur, un poète, un musicien mais surtout un esprit intelligent et ouvert à ce qui est beau et vrai. On employa d’abord l’abbé Antoine Brémond à l’enseignement des Belles Lettres au petit séminaire de Brignoles avant de l’affecter au grand séminaire de Fréjus où il professa pendant quatorze ans l’Ecriture Sainte, l’histoire ecclésiastique et l’éloquence sacrée. Quand, à son arrivée, Mgr Wicart confia la direction du séminaire aux Oblats de Marie Immaculée, l’abbé Antoine Brémond fut nommé brièvement curé de Bandol, puis de Saint-Tropez, à partir de 1856. Il s’appliqua à sa fonction avec zèle, gardant la plus stricte résidence, préoccupé de la vie spirituelle de sa paroisse, assurant la visite aux malades, l’assistance aux pauvres, étendant sa sollicitude aux écoles, soucieux d’enrichir son église par des aménagements de qualité ; modèle de piété, il fut d’une bonté inlassable confinant parfois à une indulgente faiblesse. Ainsi quand on sollicita pour lui la croix de chevalier de la Légion d’honneur (décret du 9 août 1870), on ne trouva en lui que des mérites à récompenser. Mais déjà depuis 1865, Mgr Jordany l’avait distingué par le titre de chanoine honoraire de Fréjus. Vint l’heure de l’âge et des infirmités qui le poussèrent à présenter sa démission. Ayant pris sa retraite sur place, le chanoine Antoine Brémond mourut à Saint-Tropez le 17 décembre 1891.

Son plus jeune frère, Joseph-Marie-André Bremond, naquit à Sanary le 1er février 1817. Il bénéficia pleinement de l’exemple et des encouragements de celui qui était de huit ans son aîné et entra naturellement au petit séminaire de Brignoles puis au grand séminaire de Fréjus. Monseigneur Michel l’ordonna prêtre le 19 février 1842 et l’envoya comme vicaire successivement à Bargemon, à Saint-Cyr-sur-Mer à chaque fois pour une année, puis à La Seyne où il resta de 1841 à 1852, à la paroisse Saint-Pierre de Toulon jusqu’en 1855 et enfin à celle de Saint-Louis. En 1863, l’abbé Joseph Brémond était nommé curé de Tourves, puis d’Aups deux ans plus tard. Il y fut un ouvrier infatigable, donnant aux études le temps que lui laissait le soin des âmes : « Après mon église, je voudrais pouvoir mettre dans mon cœur mon bureau et ma bibliothèque. » Il fut, comme son frère, un littérateur et un poète, auteur d’un certain nombre de cantiques. Même si son tempérament un peu vif pouvait parfois le conduire à quelques emportements, sa charité le fit vénérer par ses paroissiens. Avant de laisser le gouvernement du diocèse, en mai 1876, Mgr Jordany tint à honorer quelques uns de ses prêtres en leur conférant le titre de chanoine honoraire : c’était les abbés Joseph Brémond, Henri Rebuffel, Louis Liotard et Philippe Giraud. Mais, atteint depuis longtemps par la maladie, le chanoine Joseph Brémond mourut peu après ; il fut accompagné à ses derniers moments par son frère Antoine et fut capable jusqu’à la dernière heure de participer aux prières et d’y répondre. Il ferma les yeux sur ce monde à Aups le 9 septembre 1876, à l’âge de 59 ans, le sourire sur les lèvres. Preuve de l’attachement de son peuple et du rayonnement qui émanait de sa personne, l’assistance se précipita sur son corps après le dernier discours au cimetière, lors des obsèques célébrées le 11 au matin, et mit son rochet en lambeaux pour en faire des reliques.

Leur neveu, Antoine-Marius Brémond, naquit à Sanary le 28 novembre 1846. Son père, Simon-César Brémond, né en 1813, frère des deux précédents et cordonnier comme leur père, avait épousé Joséphine Barbe. Après son ordination sacerdotale, l’abbé Antoine-Marius Brémond fut d’abord professeur au petit séminaire de Grasse, il part ensuite comme vicaire au Mourillon (Toulon), puis à Hyères pendant sept ans, avant d’être nommé curé de Sanary, son pays natal, de 1892 à 1902. Il devient ensuite curé-doyen d’Ollioules. C’est à ce moment que Mgr Arnaud le nomme chanoine honoraire de la cathédrale, en 1903. Il est quelque temps plus tard appelé à la cure du Pont-du-Las, à Toulon. Partout, il se fait remarquer par son activité, sa piété, son zèle apostolique et son aimable charité. Enfin, il prend la tête de la très florissante paroisse de Hyères où il travailla sans répit : catéchismes, prédications, visites des malades, confessions, missions paroissiales, pèlerinages à Notre-Dame de Consolation qu’il eut la grande joie de voir couronner en 1909. C’est d’ailleurs ce jour que Mgr Guillibert lui octroya le titre d’Archiprêtre devant cinq évêques et cent cinquante prêtres. Vénérable vétéran du sacerdoce, il édifia jusqu’au bout par son obéissance. Il fut d’une grande générosité pour l’édification du séminaire de la Castille : outre les dons qui permirent l’édification de plusieurs chambres, la paroisse de Hyères offrit le magnifique groupe de marbre représentant le Christ à l’agonie, qui décore encore aujourd’hui les jardins. A l’occasion de la consécration de la chapelle du séminaire, le 8 décembre 1930, Mgr Simeone demanda pour lui les honneurs de la prélature. Brusquement sa santé s’affaiblit et il dut s’aliter à la veille de la communion solennelle qu’il avait encore préparée. Mgr Brémond mourut à Hyères, aux premières heures du lundi de Pentecôte, 25 mai 1931, jour où Mgr Simeone couronnait Notre-Dame de Pitié, à Roquebrune : « il semblait, écrit l’évêque, que la Très Sainte Vierge voulait déposer ce même jour la couronne que Dieu a promise à ses fidèles serviteurs, sur la tête du vénérable curé d’Hyères qui avait travaillé avec un zèle admirable au couronnement de Notre-Dame de Consolation. »