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Louis Gamel (1808-1894)

Louis-Grégoire Gamel naît à Digne le 12 mars 1808, fils de Jean-François-Antoine-Marie, teinturier, et de Marie-Françoise-Thérèse Bec, bien que son père soit d’une famille implantée depuis des siècles à Bargemon. Après de brillantes études, Louis est ordonné prêtre pour le diocèse de Digne et y exerce son ministère pendant de longues années, servi par un talent particulier pour l’art oratoire. L’abbé Gamel est ainsi successivement aumônier, professeur de morale au grand séminaire de Digne, curé-doyen de La Motte-du-Caire en 1849, se forgeant dans chacun de ces postes une réputation méritée par sa prédication. Il est aussi fait chanoine honoraire de Digne. C’est en 1856, qu’il entre au service du diocèse de Fréjus à la faveur des liens d’amitié qu’il avait noués avec le nouvel évêque, Mgr Jordany qui, dès cette première année d’épiscopat, le nomme vicaire général de Fréjus et chanoine titulaire de sa cathédrale. Là encore, le chanoine Gamel fera vibrer nombre de chaires avec la vitalité qui donnait à sa personne une physionomie si nettement accusée. Il publiera sous la qualité anonyme d’un prêtre de Digne un Mois de Marie. Le départ de Mgr Jordany, en 1876, lui donnera l’occasion d’un repos bien mérité qu’il mettra toutefois au service de la paroisse d’Agay dont il fut le fondateur : dans ce qui n’était pas encore une succursale, mais déjà un territoire qui accueillait une population toujours plus nombreuse, il construisit une église et un presbytère et y remplit fidèlement le service pastoral depuis Fréjus, y assurant la messe dominicale et le catéchisme jusqu’au bout de ses forces. Il avait hérité de la stalle du doyen du chapitre à la mort de Messire Barnieu en 1889. Seul à ne pas voir qu’il pliait sous une tâche trop importante qu’il s’était imposée, le chanoine Gamel se rassurait un mois avant sa mort en disant : « Je vois comme à trente ans, j’entends comme à trente ans, je pense comme à trente ans ! » Mais une indisposition accidentelle le conduisit en peu de temps à la mort. Après six jours d’agonie, il rendit le dernier souffle à Fréjus, dans la maison même où, quatre siècles auparavant, s’était arrêté saint François de Paule, au moment où se finissaient les fêtes en son honneur, le mardi 17 avril 1894, assisté par le chanoine Nicolas Rébuffat et l’abbé Pellas, ayant reçu les derniers sacrements des mains du vicaire général, le chanoine Manfredi, en présence de tout le chapitre et de nombreux fidèles. Ses funérailles, imposantes, furent célébrées à la cathédrale le jeudi 19 avril 1894.