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Gilles-Henri-Alexis Barthe (4 mai 1962 - retiré le 8 février 1983)


image003Armes : d’azur cantonné à senestre d’une étoile rayonnante d’argent et de trois rayons inégaux posés en barre
Devise : Respice stellam.

 

Monseigneur Gilles Barthe est né le 4 juin 1906 à Briatexte (Tarn). Dès son jeune âge les influences humaines orientent son âme vers Dieu : sa famille, le catéchisme fait par son curé, le patronage, mais c’est à onze ans qu’il situe une première « conversion », au moment de sa communion solennelle. A l’issue de ses études secondaires à l’école Sainte-Marie d’Albi, il participe à la retraite de clôture et perçoit alors clairement que sa vie s’oriente vers le sacerdoce. D’autres étapes décisives jalonnent son parcours spirituel, comme la « découverte » de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de sa « petite voie », en 1926. Après sa formation au grand séminaire d’Albi, il y est ordonné prêtre pour le diocèse le 29 juin 1930.
image004Il est envoyé à Toulouse pour y acquérir la licence de philosophie, puis revient l’enseigner à Sainte-Marie d’Albi.
Cette période de seize ans sera interrompue par un an de guerre où il est lieutenant d’infanterie et cinq ans de rude captivité. Retrouvant son poste au retour, il continue de s’engager parallèlement auprès des mouvements d’Action catholique.
En 1948, il est nommé « Directeur des œuvres », ce qui lui permet d’intensifier encore cette attention, notamment dans le cadre de l’Action catholique des milieux indépendants.
En 1953, l’abbé Barthe devient vicaire général et deux mois plus tard, le 13 mai 1953, évêque de Monaco. Il est sacré dans la belle cathédrale Sainte-Cécile d’Albi le 24 juin 1953 par Mgr Moussaron assisté de NN. SS. Puech et Dubois.
image005Ses neuf années de service épiscopal dans la principauté lui laisseront assez de loisirs pour lui permettre de développer tout un ministère de prédication à l’extérieur et d’accompagnement spirituel. Dans son diocèse, il conduit une pastorale active particulièrement autour de la catéchèse, de l’Action catholique et de la famille.
Le 18 avril 1956, il préside le mariage du Prince Rainier avec Grace Kelly et baptisera leurs enfants.
Mgr Barthe fut transféré sur le siège de Fréjus-Toulon le 4 mai 1962.
Il participa aux quatre sessions du concile Vatican II où il intervint dans l’aula solennelle à trois reprises.
Cette expérience qui rejoignait ses premières intuitions pastorales marquera profondément son épiscopat.
Avec les qualités humaines qui étaient les siennes, de gentillesse, de simplicité, d’humour et sans cesse en activité, il se donna sans réserve et avec ferveur au chantier qui l’attendait dans une période difficile de mutations.
Il favorisa là encore l’Action catholique, créa le « CDAL » ou Comité Diocésain de l’Apostolat des Laïcs. En 1982 il institua la « diaconie du Var », pour exprimer le primat de la charité et coordonner les multiples initiatives en ce domaine.
Il sut s’engager sur le terrain social : ainsi le vit-on en tête de cortège lors de la manifestation du 8 février 1966 en faveur des Chantiers menacés de la Seyne.
En 1965, Monseigneur Barthe consacra son diocèse à la Vierge Marie dont il sentit l’aide tutélaire tout au long de sa vie (« Respice stellam »).
Il accueillit de nouvelles communautés comme les moniales de Bethléem à La Verne et au Thoronet, les Bénédictines au Bessillon ou la communauté Saint-Jean dont il protégea la naissance à Lérins. Il multiplia la construction de lieux de culte et d’ensemble pastoraux pour répondre aux transformations urbaines considérables d’alors. Il travailla à harmoniser le ministère des prêtres et l’engagement toujours plus marqué des laïcs dans une juste compréhension de la vocation de chacun et sut accompagner avec une sûreté doctrinale et spirituelle sans faille les mouvements parfois déstabilisateurs de cette période ; s’ils l’ont fait souffrir, jamais ils n’ébranlèrent sa sérénité et sa confiance.
Il conféra l’ordination épiscopale au nouvel évêque de Monaco, Monseigneur Abelé, le 15 octobre 1972.
Dans une période difficile, Monseigneur Barthe eut à gérer l’accueil de l’archevêque vietnamien de Hué, Pierre Martin Ngô Ðinh Thuc : alors qu’il participait au concile Vatican II, il apprend en novembre 1963 l’assassinat de ses deux frères Ngô Đình Diệm, président de la République du Viêt Nam, et Ngô Ðình Nhu, chef du parti au pouvoir ; abandonné de tous et isolé, il se retrouve dans une situation d’exil en Occident et, au cours de son errance géographique et spirituelle qui le faisait traquer d’hypothétiques image006infiltrations marxistes, se compromet avec le mouvement sectaire espagnol de Palmar de Troya pour lequel une consécration sans mandat pontifical lui valut une première excommunication en 1976 dont il fut relevé deux ans plus tard. C’est alors qu’il s’établit dans un petit appartement de la rue Garibaldi, à Toulon et concélébra encore à la cathédrale la messe du Jeudi Saint 1981 avec Monseigneur Barthe ; mais bientôt l’archevêque multiplia dans son pauvre appartement de nouvelles ordinations illicites dont celles de plusieurs évêques. Parti ensuite aux Etats-Unis, l’archevêque, formellement excommunié en 1983, y mourra l’année suivante après avoir fait amende honorable.
Est-ce cette expérience douloureuse qui fit pécher Monseigneur Barthe par excès de prudence en interdisant à ses prêtres et à ses diocésains d’assister à une conférence donnée à Toulon par Mgr Paul Seitz, l’intrépide évêque exilé de Kontum ?
En vertu du motu proprio Ecclesiae Sanctae porté par Paul VI le 6 août 1966, qui fait désormais obligation à tout évêque de présenter sa démission à 75 ans, Mgr Barthe se démet en 1981, mais il faudra attendre la nomination de son successeur le 8 février 1983 pour qu’elle soit effective.
Bien qu’il lui en coûte, il quitte donc le diocèse le 10 avril suivant, pour se retirer à mi-chemin entre Monaco et Toulon, au Foyer de Charité de Roquefort-les-Pins. Sa retraite ne fut pas pour autant inactive et il se mit au service partout où il pouvait être utile. C’est ainsi qu’au départ de Mgr Brand en 1984, il fut sollicité par le pape pour assurer durant neuf mois la charge d’administrateur apostolique de Monaco, qu’il retrouvait avec plaisir.
Le 24 juin 1993, avec le diocèse de Fréjus-Toulon, il célébra à la Castille ses quarante années d’épiscopat dans une belle action de grâces.
image007Quelques jours plus tard, comme il en avait l’habitude, il partit pour le Tarn où il aimait passer le mois de juillet pour y retrouver parents et amis. Le mercredi 14 juillet il alla rendre visite à la communauté des Bénédictins d’En-Calcat où il concélébra la messe, de retour à Albi le soir, à 22h30, à l’heure de dire Complies et sans que rien ne le laissât prévoir, il rendit son âme à Dieu, dans la paix.
En octobre 1925, se préparant à être tonsuré il écrivait : « Il faut préparer une belle mort par une belle vie... Vivre comme si la mort devait me surprendre à l’instant. ».
Il fut inhumé dans la cathédrale de Toulon.
Mgr Barthe était titulaire de la Croix de guerre 1939, officier de la Légion d’honneur, Commandeur émérite de l’Ordre souverain de Malte, commandeur de l’ordre de Saint-Charles.

Inscription funéraire :
Monseigneur Gilles Barthe, né le 4 juin 1906 à Briatexte (Tarn), rappelé à Dieu le 14 juillet 1993 à Albi. Prêtre à Albi 1930, évêque de Monaco 1953-1962, évêque de Fréjus-Toulon 1962-1983, père conciliaire à Vatican II. « Non, je ne meurs pas, j’entre dans la vie »