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Cardinal Guillaume d'Estaing o.s.b. (27 juin 1453 - meurt le 28 octobre 1455)


image006Armes : écartelé: aux 1 et 4, d’argent à la tête d’homme, aux 2 et 3, de pourpre plain

Né à Etain, au diocèse de Verdun, en plein duché de Bar, Guillaume fils d’Hugues (souvent appelé pour cela Guillaume Huin) était moine bénédictin, docteur in utroque iure.
Devenu prêtre, il est élu archidiacre de Verdun.
Les évènements violents qui l’opposent à l’évêque Louis de Haraucourt et l’obligent à résider habituellement à Metz dont il est aussi archidiacre, l’amènent à entrer en contact avec des proches du roi René, comme l’évêque Guillaume Fillâtre, fils d’un gouverneur du Maine, qui sera tour à tour évêque de Verdun, de Toul et de Tournai et qu’il réconcilie avec son chapitre dans sa maison de Bâle en 1439.
C’est en effet dans cette ville qu’il se transporte à partir de 1431 et jusqu’en 1443 pour participer au concile auquel il a été invité ; il n’y manque pas de défendre ses propres intérêts mais fait ausssi partie de la commission sur l’administration du pape Eugène IV. Le 5 novembre 1439, il est l’un des électeurs de l’antipape Félix V, qui le crée cardinal le 6 avril 1444 à Genève, avec le titre de Saint-Marcel.
Après le ralliement de Félix V, Guillaume est absout par le pape Nicolas V qui lui confère le titre cardinalice de Sainte-Sabine le 12 janvier 1450. Il gagne Rome le 30 novembre 1450 et y reçoit le chapeau le 1er décembre.
Désormais, celui qu’on nomme le cardinal de Metz séjournera dans la Ville éternelle, même s’il est chargé d’une légation en Lorraine où il s’était employé, à partir de 1437, à faire rebâtir le chœur de l’église de son village natal en style flamboyant et à s’y faire représenter dans la pierre et où il cumule nombre de bénéfices dont celui – contesté – d’abbé de Saint-Vanne de Verdun.
Nommé prince-évêque de Sion le 1er mars 1451, il ne peut prendre possession de son siège par suite d’un conflit avec le chapitre qui lui préfère son doyen, Henri Asperlin. Il résignera donc ce titre le 11 septembre 1454.
Il assume la charge de camerlingue du Sacré Collège de novembre 1452 au 5 novembre 1453.
image007Il est pourvu de l’évêché de Fréjus (comme administrateur) le 27 juin 1453, qu’il conserve jusqu’à sa mort, même si sa fonction le dispense de la résidence : il ne laissa aucune trace à Fréjus qu’il ne visita jamais. De nouveau, c’était un sujet du roi René, duc de Bar et d’Anjou, comte de Provence qu’on avait placé sur ce siège.
Le cardinal Guillaume d’Estaing participe au conclave de 1455 qui élira Calixte III.
Il meurt le 28 octobre 1455 et est enterré à Rome dans la chapelle du Rosaire de son église titulaire, de Sainte-Sabine. Sa dalle funéraire visible encore aujourd’hui en haut du collatéral droit conserve son épitaphe et son effigie. Son ami, le cardinal Pierre Barbo fut son exécuteur testamentaire, qui monta sur le siège de Pierre neuf ans plus tard sous le nom de Paul II.

Epitaphe :
« VGONIS GVILLERMVS ERAM CONSVLTVS VTROQVE IVRE SED ESTAGNO VIRDVNIS NATVS IN ORIS PRESBYTER INTACHE TITVLO PRESTANTE [S S]ABINE INTER CARDINEOS DONATVS DENIQVE PATRES OBII AN MCCCCLV DIE XXVIII OCTOBRIS »
(J’étais Guillaume d’Hugues d’abord jurisconsulte dans l’un et l’autre droit natif d’Estaing de Verdun ensuite prêtre du titre de [Ste S]abine adjoint aux Pères cardinaux, je mourus l’an 1455 le 28 octobre).
Son chapeau cardinalice fut suspendu sous la voûte de l’église Saint-Martin d’Etain où on le voyait jusqu’à la Révolution française. Une inscription sur le mur droit du chœur, probablement mal transcrite, laissa supposer que son corps y avait également été transporté, elle disait ceci : image008« Cy est révérend père en Dieu, maistre Guillaume Huin, docteur en lois et décrets, cardinal de Sainte-Sabine, natif de cette ville, qui trépassa l’an 1456 (sic), vigile Saint-Jude et Simon, a fait édifier cette chapelle à l’honneur de Dieu, de Saint-Jehan évangéliste et Sainte-Katherine, laquelle est mise à l’usage du chœur de cette paroche et est icelle de retenue des habitants d’ici pource que qu’ils ont les héritages à cette charge en mémoire duquel cardinal, sera célébré par an en icelle service solemnel, pour lequel la diste ville payera xii gros au curé et vi gros au clergié. Priez Dieu pour luy. », telle qu’elle est, du moins, rapportée dans l’Histoire de la ville d’Etain par Marc Petit de Baroncourt (Verdun, 1835, p.35).